Le consortium Golden Palace-Spie Batignolles-Atelier d'architecture Rivat va réaliser le futur casino de Thonon-les-Bains, livré en 2027 pour 30 millions d'euros. Ce sera le tout premier au monde avec une construction passive.
Historiquement, Thonon-les-Bains comptait un casino à côté des thermes, qui a fermé dans les années 1950. Le bâtiment fait aujourd'hui l'objet d'une transformation complète pour devenir un lieu événementiel et culturel.
Au terme d'une étude d'opportunité, la Ville a choisi de renouer avec son passé casinotier et a sélectionné le projet du consortium Golden Palace-Spie Batignolles-Atelier d'architecture Rivat pour concevoir, construire et exploiter le futur lieu de divertissement de la ville.
Soit 30 millions d'euros d'investissement portés par le groupe familial belge exploitant 45 casinos dont deux en France. Et la promesse, pour la municipalité, à travers cette délégation de service public, de remporter 65 millions d'euros de recettes sur 20 ans et de créer plus de 70 emplois.
Le casino de Thonon-les-Bains sur l'emprise d'une friche ferroviaire
Le projet de nouveau casino à Thonon-les-Bains présente l'autre avantage de résorber une friche ferroviaire datant d'une dizaine d'années.
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"Dans 10 ans, si les projets que nous nourrissons aujourd'hui se réalisent, le barycentre va se déplacer vers le sud-ouest, juste à gauche du casino avec le pôle d'échange multimodal, la place des Arts qui sera entièrement piétonnisée et revégétalisée, et la requalification de l'îlot Jules Mercier, une friche urbaine de 25 ans (permettant l'agrandissement de l'école, la naissance d'un complexe immobilier avec des commerces et des services, NDLR)", se réjouit le maire, Christophe Arminjon.
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Comme l'impose la loi, le casino ne sera pas seulement un établissement de jeux. Il comprendra un restaurant bistronomique dénommé Rouge 32, un bar et une salle d’événements d'une capacité allant jusqu'à 300 places assises sur le toit-terrasse de 475 m2 avec guinguette et terrain de pétanque.
Concerts, spectacles, rassemblements publics et privés se tiendront perchés sur le toit avec la vue sur le reste de la ville. La moitié du toit-terrasse sera aménagée en jardin cultivé en permaculture, alimentant le restaurant du casino en produits frais.
60% de la friche renaturés pour la construction du casino de Thonon
Ce respect de l'environnement se ressent non seulement dans l'exploitation, mais aussi dans la conception de l'édifice. Sur 6 154 m2 de friches, l'emprise au sol de la future construction de 6 000 m2 de surface plancher avoisinera les 1 660 m2.
Cette friche autrefois entièrement artificialisée sera renaturée sur 60 % de sa surface, sous forme d'un parc public dont une réserve de biodiversité de 1 380 m2. Des emprises sont réservées à l’aménagement de cheminements piétons côté chemin de Ronde et de pistes cyclables côté gare.
Le bâtiment se veut le plus décarboné possible, "très performant sur le plan énergétique et intégrant une part importante de matériaux biosourcés", résume Norbert Larue, directeur régional de Spie Batignolles. Massimo Menegalli, président du groupe Golden Palace, se targue de construire "le premier casino passif au monde".
Un besoin en chauffage et en climatisation quasi nul
L'équipe vise l'obtention du label PassivHaus, "le plus ambitieux des labels environnementaux d'un point de vue consommation d'énergie, avec un besoin en chauffage et en rafraîchissement quasi nul", assure l'architecte Julien Rivat. Comment ? Grâce à des caissons en bois remplis de paille sèche assurant une isolation thermique et acoustique.
L'architecte n'envisage pas le raccordement au réseau de chauffage urbain à proximité "tant le casino consommera peu". Il préfère opter pour un champ de sondes géothermiques, utilisant l'inertie du sous-sol pour chauffer et rafraîchir le bâtiment, en descendant à moins de 200 mètres de profondeur.
Début des travaux l'an prochain pour le casino de Thonon
D'un point de vue architectural, le bâtiment se veut "iconique". Il ne vient pas imiter le patrimoine bâti historique local et tranche volontairement, facilitant son intégration dans le périmètre moderne du pôle gare.
La partie supérieure est conçue comme un bloc traversé de failles dynamiques "permettant de préserver des ouvrants et des percées visuelles". Ce volume a été habillé d'une peau microperforée. Le tout garantit une belle vue sur le paysage environnant.
100 places de stationnement seront créées (75 dans sa partie basse et 25 en extérieur sur un sol traité en evergreen), complétées par les 600 places à proximité immédiate, dans le cadre du programme pôle gare. Le démarrage de la conception-construction est programmé pour mai 2025 et la livraison attendue au premier semestre 2027.
(source : mesinfos.fr/Marie-France Sarrazin)