L'installation d'un casino à Marseille est proposée par Martine Vassal, candidate de la droite et du centre aux élections municipales. Ses concurrents craignent des dérives.
Il trônait sur le bord de mer, entre le Roucas Blanc et le Prado. Lancé en 1888, le Casino de la plage avait définitivement fermé ses portes 38 ans plus tard. Ce souvenir du début du siècle dernier, Martine Vassal aimerait le remettre au goût du jour. La candidate de la droite et du centre aux prochaines élections municipales propose, dans son programme, de rouvrir un établissement de jeux à Marseille. Une idée loin de faire l’unanimité.
Tourisme, économie et recettes fiscales
Relancé en 2013, le projet d’un nouveau casino à Marseille avait fait son chemin, porté par Jean-Claude Gaudin, avant de finalement tomber à l’eau en 2016. Dix ans plus tard, Martine Vassal la joue «?all in?» sur le sujet?: elle remet cette possibilité sur le tapis.
« Un projet structurant destiné à renforcer l’attractivité touristique de la ville, dynamiser l’économie locale et générer de nouvelles recettes fiscales au bénéfice direct des habitants », défend la candidate de la droite et du centre.
Et un projet «?soutenu par les Marseillais?», appuie son équipe qui se base sur un « référendum » organisé l’an dernier par le collectif Une Génération pour Marseille?: 81?% des 6100 sondés s’étaient « déclarés favorables au principe d’un casino dans la ville ».
L’ouverture d’un établissement de jeux permettrait d’attirer une clientèle nationale et internationale, de renforcer l’offre de loisirs pour les croisiéristes et visiteurs, d’allonger la durée moyenne des séjours et de soutenir l’activité des hôtels, restaurants et commerces.
L'équipe de campagne de Martine Vassal (DVD)
Le RN plus hésitant
L’idée est loin de faire l’unanimité parmi les candidats à la mairie. Seul Franck Allisio (RN), au coude à coude avec le maire sortant Benoît Payan dans les derniers sondages, confirme un certain intérêt pour un casino qui pourrait s’inclure dans son «?projet de marina entre le Mucem et la tour CMA CGM?». Mais le parlementaire, plus frileux, propose aussi « de faire trancher cette idée lors d’un véritable référendum ».
Les « groupes de travail » et « échanges sur le terrain » ayant montré, selon son équipe, un avis très partagé des Marseillais sur le sujet?: « certains disent?’oui’?tout de suite mais d’autres craignent le blanchiment », indique-t-on à notre rédaction.
« Une usine à blanchir l’argent de la drogue »
Une peur largement partagée à gauche. Le camp de Benoît Payan et du Printemps marseillais n’a pas répondu à nos demandes mais le sénateur PS Laurent Lhardit avait déjà vivement critiqué la possibilité d’installer un casino à dans la deuxième ville de France, « une usine à blanchir l’argent de la drogue au cœur de Marseille » selon lui.
Une proposition à laquelle s’oppose aussi la liste portée par l’Insoumis Sébastien Delogu. « Une annonce bling-bling, tance Maxime Champion, référent?’économie’, auprès d’actu Marseille. Il y a des sujets bien plus urgents dans notre ville gangrenée par les trafics et pour lesquels un casino pourrait être un facteur d’entraînement supplémentaire ».
« Martine Vassal met en avant les emplois qui pourraient être créés. Ce n’est pas du tout notre vision, poursuit le responsable. Il faut s’occuper des 50000 chômeurs longue durée et pour cela il faut recréer de l’emploi productif en profitant des très nombreuses friches de la commune. Il faut refaire de Marseille une ville industrielle. »
Sur quel site ?
Si elle est élue, Martine Vassal, troisième des dernières enquêtes d’opinion, devra encore plancher sur le mode de gestion du lieu, qui n’a pas été précisé, et sur la localisation de cet hypothétique nouveau bâtiment, qui n’est pas arrêtée à ce stade.
« Le lieu d’implantation du casino fera l’objet d’une concertation avec les acteurs économiques, du tourisme et de l’aménagement urbain, déroule encore son équipe de campagne dans un communiqué. L’objectif est de sélectionner un site accessible, cohérent avec le développement de la ville et bénéfique pour l’activité locale, tout en respectant l’équilibre des quartiers et la qualité de vie des riverains. »
(source : actu.fr/Fabien Binacchi)