Malgré l'avis défavorable du préfet, le projet de casino à Saint-Lô (Manche) n'est pas abandonné. Les élus envisagent une nouvelle démarche pour tenter de débloquer le dossier.
Émis récemment par le préfet de la Manche, l’avis défavorable à l’implantation d’un casino à Saint-Lô (Manche) ne ferme pas pour autant l’espoir d’avoir un lieu de jeux dans la ville préfecture.
« Ce texte de loi est mal fait »
Au cœur du blocage se trouve la loi n° 2023-1178 du 14 décembre 2023, votée pour réduire les inégalités territoriales. Ce texte autorise l’implantation de casinos dans les communes abritant un haras national historique ayant organisé au moins dix événements équestres d’envergure nationale ou internationale. Saint-Lô remplit parfaitement ce critère.
Cependant, les services de l’État exigent une seconde condition cumulative : la ville doit être le siège d’une société de courses hippiques au 1er janvier 2023. Or, la Société des courses de Saint-Lô a fusionné en 1989 avec celle d’Agon-Coutainville.
Premier maire adjoint, Matthieu Lebrun est l’un des principaux défenseurs de ce projet. Contacté par La Presse de la Manche, il revient sur ce dossier : « Ce texte de loi est mal fait. Le préfet a interprété le Et et non le Ou. » L’élu saint-lois souligne la formulation ambiguë sur le caractère cumulatif ou alternatif des critères. « Saumur, par exemple, avec son haras, a réussi à avoir son casino alors qu’ils n’ont pas de société de courses. »
Loin de renoncer, Matthieu Lebrun dessine les contours d’une seconde phase « qui prendra du temps ». L’objectif premier « est de parvenir à un accord entre les élus du conseil municipal, majorité comme opposition, autour des bénéfices d’une telle implantation et l’apport d’argent pour la ville de Saint-Lô », sans oublier de parler également « des risques tels que l’addiction au jeu ».
Si le projet est accepté à la majorité, « une demande de dérogation sera demandée en intégrant la société de courses de Graignes, située à proximité immédiate », afin de pallier le critère manquant. Un cahier des charges exigeant serait alors monté pour répondre aux critères souhaités de la Ville de Saint-Lô. Un travail de longue haleine qui, de l’aveu même de l’adjoint, pourrait s’étirer « jusqu’au début du prochain mandat municipal ».
Ce dossier n’est toutefois par la priorité immédiate. « Pour le moment, nous avons d’autres sujets plus urgents dans les tuyaux, comme la tranquillité publique à Saint-Lô et la sécurité de tous », souligne Matthieu Lebrun. La ville préfecture ainsi que la ville proche d’Agneaux ont subi deux vagues d’incendies de véhicules fin septembre et début octobre ; un couple agnelais a même vu son habitation rongée par les flammes. Avec son enfant, ils sont sortis de justesse, indemnes.
En périphérie du centre-ville ?
« À aucun moment, la municipalité a dit que nous allions mettre un casino dans l'ancien bâtiment de la Banque de France », insiste Matthieu Lebrun. Située rue Jean-Duvois, au cœur de Saint-Lô, l'ancienne succursale départementale de la Banque de France est inoccupée depuis septembre 2021. « D'ailleurs la tendance du secteur, comme à Cabourg, est d'installer les établissements en périphérie des centres-villes pour garantir les stationnements », observe le premier adjoint. Le devenir du bâtiment de la Banque de France sera d'ailleurs examiné lors du prochain conseil municipal.
(source : actu.fr/La Presse de la Manche)