C'est un cas rare: un casino va ouvrir à Saumur jeudi 26 mars. Cette ville du Maine-et-Loire n'est pourtant pas une ville thermale ou une station balnéaire, lieux où sont habituellement implantées les salles de jeux.
C'est un petit événement qui va se produire à Saumur, dans le Maine-et-Loire jeudi 26 mars. En effet, pour la première fois, un casino va ouvrir ses portes dans cette ville équestre. Un casino, c’est une source considérable de revenus, c’est aussi une activité qui pose tout un tas de questions. Et l’ouverture de ce casino est due à un assouplissement de la loi.
En effet, la règle en vigueur en France depuis Napoléon est simple: interdiction d’ouvrir un établissement de jeux sauf dérogation. Des dérogations qui se sont multipliées au cours du temps comme pour les stations balnéaires, et les villes thermales. Si bien que 196 villes françaises accueillent aujourd’hui 203 casinos.
En 2023, une nouvelle dérogation a été votée par les députés. Elle concerne cette fois, les villes équestres et les départements frontaliers dépourvus de casino. L’idée, c’est de lutter contre les déserts ludiques, ces zones éloignées des casinos souvent regroupées dans des régions touristiques.
Le but est aussi de créer de nouveaux revenus. Le casino de Saumur devrait rapporter plus d’1,5 millions d’euros par an à la commune.
125 machines à sous
Le casino va accueillir ses premiers joueurs dès jeudi dans un lieu emblématique de la ville, un ancien cinéma. Un bâtiment de plus de 2.000 mètres carrés face à la Loire.
“Vous avez ici l’espace jeux avec le cœur du réacteur du casino, les machines à sous. Donc on ouvrira le casino avec 125 machines à sous", indique Damien Dufort le numéro 2 du groupe Joa, le gestionnaire des lieux.
"Aujourd’hui, on est certes un peu comme des enfants le jour de Noël, mais il n’y a pas de Père Noël. On est sur un projet sur un projet qui au global représente environ 15 millions d’euros”, ajoute-t-il.
Quels sont les contrôles en place?
Et qui dit ouverture d’un casino dit forcément contrôles, car on n’ouvre pas un casino comme une épicerie. RMC a pu accompagner le major Sébastien Brillant, enquêteur à la brigade des courses et des jeux du Maine-et-Loire. Une brigade jusqu’à présent spécialisée dans les courses hippiques et qui découvre le monde des casinos.
Lors de cette inspection, le major Sébastien Brillant contrôle le numéro de série de chaque machine à sous en compagnie d’Olivier, la seule personne habilitée à ouvrir les machines. “C’est une ouverture donc on a la même opération à réaliser sur les 125 machines. On doit s’assurer que la bonne machine est au bon endroit. Mon rôle est également de rendre des agréments puisque chaque personnel qui travaille ici doit avoir une moralité exemplaire. Donc on vérifie tout un tas de fichiers, les antécédents et puis aussi l’entourage. Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas joueur, je ne connaissais pas le fonctionnement des machines donc ça a mérité de moi pendant quelques mois de faire de gros efforts pour que le jour J, on soit aussi prêt de notre côté”, indique-t-il.
D’autant que dans cette brigade, ils ne sont que deux pour vérifier les antécédents des 70 employés. Les six croupiers évidemment, mais aussi les barmans, cuisiniers, et même le personnel administratif.
Un business qui reste critiqué pour le risque d'addiction
Mais les casinos restent des lieux critiqués. Car ouvrir un tel lieu, c'est aussi le choix de mettre en avant une pratique qui peut se révéler être addictive. Et c’est d’ailleurs ce qui était pointé du doigt par les opposants à la réforme de 2023.
"Moi, je suis rassuré avec le jeu physique. Quand vous entrez dans un casino, vous devez présenter votre carte d’identité ce qui n’est pas le cas par exemple si vous achetez un jeu à gratter. Il y a un grand développement du jeu d’argent en ligne et notamment une partie illégale", se défend Laetitia Saint-Paul, la députée Horizons du Maine-et-Loire qui a porté ce projet de loi.
"C’est beaucoup plus rassurant que les Français viennent jouer ici, viennent créer du lien social plutôt que d’être derrière leur écran à faire n’importe quoi sur un site illégal”, ajoute-t-elle.
Le groupe Joa indique d’ailleurs que tous les employés sont formés pour prévenir les conduites addictives. Une ligne téléphonique gratuite est également mise en place avec un accompagnement personnalisé et une limite de jeu peut même être imposée pour les joueurs sujets aux addictions.
(source : rmc.bfmtv.com/Martin Lange avec Guillaume Descours)