La Normandie est la région française dotée du plus grand nombre de casinos par habitant. Ces 22 établissements participent à l'ambiance des stations balnéaires, au tourisme et à l'économie locale... et municipale : les mairies peuvent prélever jusqu'à 15% des gains réalisés dans les casinos situés sur leur commune.
L’univers des casinos fait vibrer de nombreux joueurs. En France, c’est la Normandie qui compte le plus grand nombre d’établissements par habitant, avec 22 casinos au total.
La plupart - 20 d'entre eux - se trouvent sur le littoral, au cœur des stations balnéaires. Les plus connus sont ceux de Deauville, de Cabourg ou de Trouville-sur-Mer. Pour les stations thermales, ce sont Bagnoles de l’Orne et Forges-les-Eaux qui figurent sur la short-list des communes dotées d'un établissement de jeu d'argent.
9 % du tourisme en Normandie
Un club très select mais qui vise juste en Normandie : 9 % du tourisme normand est porté par l’activité des casinos, contre 6 % au niveau national, indique l’Autorité nationale des jeux.
Le chiffre d’affaires engendré par le secteur est lui aussi particulièrement élevé chez nous, avec 367 millions d’euros de bénéfices. Si l'on compare les sommes misées et les gains reversés, les établissements normands sont bien plus rentables que ceux des autres régions.
Côté emploi, le secteur compte 3 000 salariés sur tout le territoire et des centaines de postes sont à pourvoir en tant que saisonniers.
Historiquement, depuis le XIXe siècle, les casinos se sont toujours installés dans les grandes stations de bord de mer. Mais depuis, les normes ont évolué et les établissements peuvent désormais s’installer dans les villes touristiques de plus de 500 000 habitants et les communes aux haras nationaux, qu’elles soient sur le littoral ou dans les terres. Le site du Haras du Pin, dans l’Orne, s’était d’ailleurs porté candidat en 2023 pour accueillir, lui aussi, l'un de ces casinos.
Un appât du gain pour les mairies
Il faut dire que les casinos rapportent une manne financière non négligeable aux communes. Les municipalités touchent jusqu’à 15 % de l’argent gagné par les établissements. C’est le cas notamment à Luc-sur-Mer, dans le Calvados : pour son maire, Philippe Chanu, cette source de revenus est devenue indispensable aux municipalités.
"Il nous apporte un tiers de nos revenus", précise-t-il. "Nous avons un budget de 5 millions d’euros et il permet d’en couvrir 1,6 million."
Avoir un casino, c’est une chance pour les communes, il est essentiel pour l’animation parce qu’il nous permet d’être classés station balnéaire tourisme, et il est important pour nos dotations de fonctionnement.
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Philippe Chanu, maire de Luc-sur-Mer
Un véritable levier en matière de divertissement et de bénéfices économiques, qui offre aux municipalités un peu plus de maîtrise financière dans leur budget annuel. "La taxe d’habitation a disparu, la taxe foncière ne peut pas monter beaucoup non plus, donc en investissant dans les casinos, ça nous permet de faire venir du monde qui, par la loi des grands nombres, va se rendre au casino et permettre de prélever plus de taxes."
Une loi de cause à effet pure et dure dont le maire ne pourrait désormais plus se passer, pour le confort des habitants, pour les caisses de la mairie, et pour l’ambiance touristique générale qu'offrent les casinos à la ville de bord de mer.
(source : france3-regions.franceinfo.fr/Noëlle Hamez)