Selon plusieurs sources, la roulette pourrait être autorisée d’ici à la fin de l’année dans les sept clubs parisiens. Une « arrivée très attendue » qui devrait attirer une nouvelle clientèle internationale.
« Faites vos jeux, rien ne va plus. » Pourra-t-on bientôt entendre cette célèbre maxime dans les sept clubs de jeux de la capitale ? La roulette et son célèbre damier rouge et noir devraient y débarquer d’ici à la fin de l’année.
D’après plusieurs acteurs du secteur, cette arrivée « très attendue » serait « en très bonne voie ». « Il n’y a encore rien d’officiel mais disons qu’il y a beaucoup de signaux qui se recoupent », confirme Julien Tissot, le fondateur du site Lesclubsdejeuxparisiens.fr.
« C’est ce qui nous manquait »
La décision est entre les mains de la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ), qui dépend du ministère de l’Intérieur. « Les réflexions se poursuivent quant à l’opportunité de cette nouvelle offre de jeux », indique sobrement au Parisien la place Beauvau.
En attendant ce feu vert, les patrons des clubs de la capitale parient déjà sur ce futur atout pour attirer une nouvelle clientèle internationale. « C’est le jeu le plus populaire dans le monde, c’est ce qui nous manquait pour attirer cette cible », résume Fabrice Paire, le PDG du groupe Partouche, qui s’apprête à ouvrir le plus grand club de la capitale, avenue de la Grande Armée (XVIIe). « C’était bizarre pour un étranger de ne pas avoir de roulette dans un club », appuie Grégory Benac, le président-fondateur du club Pierre Charron (VIIIe).
Ce jeu de hasard pourrait aussi convaincre un public local de novices de pousser la porte des clubs. « Ça parle à tout le monde et ça ne nécessite aucune initiation, acquiesce Julien Tissot. Et puis, il y a tout le cérémonial qui va avec, avec beaucoup de monde autour de la table, de l’excitation… »
Entre 30 à 40 millions de recettes supplémentaires
Pour ce spécialiste, cette nouveauté pourrait même muer ces sept établissements en de « vraies destination de sorties nocturnes » parisiennes. « Ça pourra faire partie de l’éventail de possibilités avant d’aller en boîte de nuit, par exemple. Ça permettra à Paris d’être identifié comme une destination de jeux. »
De quoi également redonner un peu d’air aux finances de ces clubs « encore très fragiles », qui jonglent entre « loyers importants », « grosse masse salariale » et « taxes ». Expérimentés depuis 2018, ils n’ont finalement été pérennisés qu’en février via la loi de finances après plusieurs péripéties, dont une fermeture contrainte de deux mois.
« Selon une estimation, la roulette pourrait ajouter 30 à 40 millions d’euros de produits bruts de jeux (PBJ) par an aux quelque 120 millions actuels », affirme Julien Tissot. Un coup de pouce considérable pour faire grimper les recettes. Une manière aussi de remplir les caisses de l’État, qui en ponctionne environ la moitié.
(source : leparisien.fr/Pauline Darvey)